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Cohabitation harmonieuse

Cohabitation harmonieuse

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Cohabitation harmonieuse de la zone agricole en Montérégie
« NOTRE CAMPAGNE, UN MILIEU DE VIE À PARTAGER »

Une campagne de sensibilisation visant à démystifier les croyances, atténuer les contrariétés et aborder les enjeux liés au travail agricole. L'idée étant de favoriser le vivre ensemble et le dialogue entre les producteurs agricoles et les résidents.

Initiée par l’UPA de la Montérégie, treize MRC de la Montérégie et l’agglomération de Longueuil sont aussi partenaires du projet. 

La majorité des MRC en Montérégie se sont dotées de planifications afin de développer et de mettre en valeur la zone agricole. De celles-ci ressortent certains thèmes récurrents, dont la cohabitation en zone agricole. En effet, l’arrivée grandissante de nouveaux résidents qui ne sont pas des producteurs ou productrices amène des défis pour les municipalités. De ce nouveau « tissage social » naît une méconnaissance des réalités de chacun, ce qui peut créer des préoccupations des citoyens et des producteurs agricoles. 

Cette campagne de sensibilisation aborde différentes thématiques, telles que le bruit, les odeurs, le partage de la route, la santé des sols, les pesticides et l’eau. Il est important pour les instigateurs de ce projet de faire ressortir la multifonctionnalité de la zone agricole comme lieu de vie, de travail et de loisir.

Les partenaires du projet sont : les MRC d’Acton, de Beauharnois-Salaberry, de Brome-Missisquoi, du Haut-Richelieu, du Haut-Saint-Laurent, de La Haute-Yamaska, des Jardins-de-Napierville, de Marguerite-D’Youville, des Maskoutains, de Pierre-De Saurel, de Roussillon, de Rouville et de La Vallée-du-Richelieu, l’agglomération de Longueuil, la Fédération de l’UPA de la Montérégie (FUPAM) et le MAPAQ. Ces organismes mettent en commun les ressources et les efforts afin de se doter de stratégies et d’outils permettant d’assurer un rayonnement régional à cette campagne de sensibilisation. Le projet, financé par le MAPAQ dans le cadre du programme Territoire : Priorités bioalimentaires, par l’UPA et par les MRC participantes pour un budget global de plus de 400 000 $, a débuté en avril 2019 et se poursuivra jusqu’au mois d’octobre 2021.


LA SANTÉ DES SOLS, UNE RICHESSE COLLECTIVE

Ressource essentielle pour la croissance et la vitalité des végétaux, la terre est l’actif le plus précieux des producteurs agricoles et leur principal outil de travail. Un sol vivant et productif est à la base de l’agriculture. C’est pourquoi les agriculteurs suivent des formations, s’informent et adoptent toujours plus nombreux des pratiques agroenvironnementales. Un sol en santé requiert moins d’engrais et de fertilisant pour un même rendement. Il est plus stable et moins propice à l’érosion. Il offre également une biodiversité importante, de même qu’une disponibilité accrue de nutriments.

Pratiquer une agriculture durable, c’est chercher à obtenir un rendement optimal plutôt que maximal, question de ne pas épuiser le sol. Il importe de bien connaître les besoins en nutriments et les caractères propres aux parcelles où les plantes sont cultivées. Tout en évitant les excès, les quantités d’engrais appliquées par les producteurs servent à entretenir la fertilité des sols, particulièrement les engrais organiques provenant des déjections animales de la ferme. La fertilisation des cultures est d’ailleurs une activité encadrée au Québec. En vertu du Règlement sur les exploitations agricoles, les producteurs doivent, tous les ans, faire préparer un plan de fertilisation par leur agronome, indiquant les doses de fumiers, d’engrais minéraux et de nutriments nécessaires aux besoins de leurs cultures et respectueux de l’équilibre du sol. Ils tiennent également un registre des épandages afin de ne pas saturer le sol de matières fertilisantes et de protéger la terre et l’eau.

Protéger cette ressource précieuse qu’est un sol en santé, c’est : 

  • garder sa composition organique et nutritive riche;
  • éviter l’érosion par le vent et par l’eau;
  • faire attention que la machinerie agricole ne l’endommage pas;
  • empêcher que sa structure devienne trop compacte ou instable.

Elle ne permet pas seulement à des végétaux de bien pousser, elle a aussi un rôle essentiel dans le cycle de l’eau, l’épuration, la dégradation des polluants, la biodiversité et la réduction des gaz à effet de serre.

Pour conserver ou améliorer la santé des sols des champs, plusieurs pratiques sont utilisées par les agriculteurs :

  • préférer les rotations de cultures (c’est-à-dire ne pas cultiver chaque année la même chose sur une même parcelle);
  • utiliser des plantes couvre-sol pour le protéger de l’érosion et le nourrir;
  • réduire le travail de machinerie et effectuer du semis direct, donc sans labour;
  • laisser les résidus de culture qui viendront fertiliser la terre…

La terre est un écosystème vivant qu’il ne faut pas dégrader ou épuiser. Que ce soit dans les champs de grandes cultures ou dans le jardin du particulier, il est essentiel de garder nos sols en santé pour que ce qui y pousse puisse s’y nourrir, grandir et nous nourrir à leur tour.


LES ODEURS

La plupart du temps, l’air de la campagne est un mélange de parfum des fleurs, de foin fauché, de la pluie fraîchement tombée… et parfois d’une odeur d’épandage. Bien que désagréable à sentir, le fumier épandu à certains moments sur les champs est un engrais naturel, important dans la régénérescence des sols cultivables. En clair, il nourrit la terre pour que celle-ci puisse, à son tour, nous nourrir en faisant pousser les végétaux, légumes et céréales.

En effet, cette matière organique enrichit naturellement le sol en éléments nutritifs (azote, phosphore, potassium…), tout en permettant de valoriser les déjections animales et de ne pas recourir aux engrais minéraux. Elle constitue donc un apport essentiel de fertilisants pour l’agriculture.

Depuis plusieurs années, les producteurs agricoles privilégient de nouvelles façons de faire pour diminuer les odeurs dues à l’élevage et à la fertilisation des sols. Des machineries permettent, par exemple, d’abaisser la propulsion du fumier grâce à des rampes, ce qui réduit sa projection dans les airs et atténue le déploiement des odeurs. L’enfouissement est également une pratique utile : enfoui dans le sol, l’azote du fumier est transformé en nitrates inodores et assimilables par les plantes grâce aux micro-organismes présents dans la terre. En plus de ne pas générer beaucoup d’odeurs, cette méthode augmente l’efficacité de la fertilisation.

Plusieurs agriculteurs ont aussi mis en place des haies brise-vent ou des écrans boisés qui créent, en même temps, une barrière contre les odeurs entre les propriétés agricoles et celles des autres habitants. Les éleveurs portent une attention particulière au stockage des fumiers en installant une toiture sur leurs fosses étanches, en améliorant la ventilation des bâtiments ou en perfectionnant les procédés de traitement des déjections animales de leur exploitation. Par exemple, certains procèdent au compostage en ajoutant à ces déjections de la paille ou des branches déchiquetées, ce qui les transforme en compost riche et inodore. Les exploitants agricoles doivent aussi respecter des règlementations municipales qui prévoient des distances minimales entre le périmètre urbain et les lieux d’élevage.

Les pratiques évoluent. Ainsi, jusqu’au début des années 2000, les producteurs procédaient aux épandages à l’automne. Mais la recherche a démontré qu’il était préférable de les faire au printemps et lors de la croissance des plantes. Aujourd’hui, les producteurs optimisent l’application des fumiers aux champs en réduisant considérablement l’impact olfactif. Car l’agriculture est un heureux mélange de plusieurs techniques qui permettent d’avoir des terres cultivables en santé, tout en prenant soin de son voisinage.


LE PARTAGE DE LA ROUTE

Partout, les routes sont de plus en plus achalandées. Chaque usager doit les partager, qu’il soit automobiliste, conducteur de machinerie lourde ou cycliste. Ce partage représente un défi quand le véhicule devant nous ou qui nous croise est un tracteur souvent très large et qui roule lentement. Ce partage de la route demande également une grande vigilance pour les agriculteurs qui n’ont pas d’autre choix que d’emprunter la voie publique pour se déplacer d’un champ à un autre avec de la machinerie parfois imposante.

POUR LE CONDUCTEUR DE LA MACHINE AGRICOLE
Autorisé à circuler sur les routes, le producteur qui conduit de la machinerie agricole manœuvre avec précaution. Il respecte aussi plusieurs règles, comme ne pas rouler dans l’accotement, se conformer aux normes de visibilité, de jour comme de nuit, ne pas dépasser la vitesse maximale de 40 km/h ou éviter d’échapper sa cargaison. Afin de faciliter la circulation, les agriculteurs prévoient leurs déplacements, le plus souvent possible, en dehors des heures de pointe.

POUR LES AUTRES UTILISATEURS DE LA ROUTE
Le Code de la sécurité routière permet de dépasser une machinerie agricole en empiétant sur une ligne continue, simple ou double, uniquement si cette manœuvre de dépassement est sans danger. Pour le faire en toute sécurité, on s’assure que la voie est libre sur une distance suffisante et que le conducteur du tracteur ne s’apprête pas à tourner, par exemple pour s’engager dans un champ. On conserve également une distance sécuritaire avec le véhicule agricole, avant et après le dépassement, et on ralentit à l’approche d’une ferme ou d’une entrée de champ cultivé. En adoptant un comportement prudent et respectueux, on facilite le travail des agriculteurs et on évite des collisions malencontreuses.

La présence de machineries agricoles sur les routes est concentrée à certaines périodes de l'année, particulièrement au printemps durant la période des semis et à l’automne durant la période des récoltes. Patience, prudence et compréhension mutuelle doivent être la règle d’or. Il en va de la sécurité de tous.


LE BRUIT

À la recherche de quiétude, plusieurs personnes quittent les villes et se dirigent vers la campagne. Elles s’attendent à y trouver le calme et la tranquillité. Par contre, la campagne, c’est aussi un milieu de travail pour les agriculteurs, où l’on entend de la machinerie, des véhicules lourds, de l’équipement d’exploitation et des animaux. Tous ces bruits sont l’écho du travail agricole, mais des efforts sont fournis pour les atténuer.

En effet, des producteurs et des organismes travaillent ensemble pour trouver des solutions concrètes afin de réduire les sources de bruit issues de l’agriculture. Ainsi, au fil des ans, de nombreux agriculteurs ont choisi de planter certains types d’arbres près de leurs bâtiments afin de diminuer la propagation des sons, d’installer des ventilateurs plus silencieux ou des dispositifs acoustiques absorbants. Malgré ces précautions, il arrive parfois que le son émis devienne un bruit, selon la sensibilité de celui qui le perçoit, mais aussi du volume, de l’intensité, de sa persistance et même de l’environnement. Ainsi, un matériel qui fonctionne pendant la nuit sera amplifié par le silence des environs et se révélera donc gênant dans la vie quotidienne.

Certains agriculteurs décident donc de prévenir leurs voisins qui pourraient être directement incommodés par le bruit en leur expliquant son origine, telle que le fonctionnement d’un séchoir à grains, d’une pompe d’irrigation ou d’autres équipements. Car, bien souvent, ce bruit correspond à une pratique agricole normale. L’agriculteur planifie leur installation et utilisation, trouve un emplacement le plus éloigné possible des habitations quand il s’agit d’un matériel fixe, privilégie des moyens de réduction sonore et tient compte du moment de la journée, si cela est possible, pour effectuer les travaux bruyants aux champs. Il a aussi le devoir de respecter les normes provinciales et les règlements municipaux pour atténuer les inconvénients liés à ses activités, dont les nuisances sonores.

Comme dans toutes pratiques de bon voisinage, la communication reste la clé pour des rapports harmonieux durables entre les producteurs et leurs voisins. De l’autre point de vue, il est essentiel de garder à l’esprit qu’un agriculteur est dépendant de la température et du temps qu’il a pour mener à bien ses activités. Le travail d’agriculteur n’est pas de tout repos. Quand il doit travailler sa terre, épandre ses fertilisants, semer, récolter, sécher ses grains, il peut utiliser du matériel bruyant. Cohabiter dans un milieu agricole nécessite parfois de la patience et de la compréhension.


LES PESTICIDES

L’emploi de pesticides a pour but de protéger les cultures des insectes nuisibles, des herbes envahissantes et des maladies de plantes. Sans eux, des récoltes entières pourraient être détruites et occasionner de lourdes pertes de production, donc une baisse des matières premières disponibles et, par conséquent, une augmentation du coût des aliments.

L’utilisation des pesticides est très encadrée au Québec. Les producteurs agricoles en font usage uniquement si la situation le justifie et qu’il n’y a pas d’autres moyens efficaces pour remédier au problème. Car différentes méthodes de lutte préventives ou curatives, autres que chimiques, existent. Elles sont biologiques, mécaniques, culturales ou génétiques. Elles assurent une réduction plus durable et plus efficace des organismes nuisibles aux cultures.

Aidant à assurer la qualité et la quantité des fruits, des légumes et des grains, les produits utilisés en agriculture doivent être autorisés par les agences gouvernementales. Ainsi, Santé Canada impose des limites quantitatives précises de traces de pesticides pouvant se retrouver sur les aliments. Au minimum, cette limite est 100 fois plus basse que le seuil de sécurité, voire 3 000 fois selon le pesticide. Les résidus de pesticides présents parfois dans certains aliments sont très largement en deçà des seuils de dangerosité. Il faut souligner que le taux de conformité des fruits et légumes produits localement est plus élevé que celui des produits importés.

Avec une utilisation parmi les plus faibles au monde, le Québec est un chef de file en ce qui concerne la quantité moyenne de pesticides appliqués. Depuis 2014, on observe d’ailleurs une baisse dans la vente globale de pesticides. Selon le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, sur une période de 10 ans (2006-2017), on parle d’une réduction de 14 %. Les agriculteurs tentent de diminuer l’usage des pesticides en employant notamment des techniques de dépistage dans leurs champs, des rotations de culture et des moyens de gestion intégrée, c’est-à-dire qu’ils connaissent leurs plantations, les ennemis de leurs plantes et les alliés qu’ils peuvent trouver naturellement dans l’écosystème. Par ces techniques alternatives de prévention, de suivi et d’intervention, certains producteurs réussissent à réduire de façon importante l’application de ces produits dits phytosanitaires.

En plus de ne pas pouvoir appliquer n’importe quel produit, l’agriculteur doit aussi respecter des distances entre l’endroit où il répand des pesticides et les bâtiments, les cours d’eau, les sites de prélèvement d’eau, les pistes cyclables… Le mot d’ordre de la stratégie phytosanitaire québécoise est de réduire l’utilisation des pesticides en agriculture et de les remplacer par des techniques et des produits sécuritaires pour la santé, la biodiversité, la qualité des eaux de surface et souterraines… Car en plus d’assurer la viabilité de leur entreprise, les exploitants agricoles doivent préserver l’environnement, la salubrité des aliments ainsi que la santé de la population.


L'EAU

L’eau est essentielle à la vie et indispensable à l’agriculture. Sa protection et une saine gestion sont des enjeux majeurs, non seulement pour l’environnement mais également pour la pérennité des entreprises agricoles. Les producteurs utilisent donc des techniques pour limiter le gaspillage, par exemple, en arrosant au pied des plants ou en utilisant des systèmes d’irrigation performants. Ils évitent aussi le risque de pollution des eaux en encadrant étroitement l’utilisation des engrais et des pesticides, voire en la limitant ou en recourant à des alternatives plus écologiques. De leur côté, les éleveurs mettent en place des installations pour empêcher que les déjections animales atteignent les rivières et les nappes phréatiques.

Les sédiments d’origine agricole peuvent se retrouver dans les cours d’eau par le ruissellement et par le vent. Les producteurs adaptent donc leurs pratiques pour favoriser l’infiltration de l’eau dans le sol. Ils peuvent ainsi aménager des plantations entre leurs cultures et le cours d’eau. Appelées bandes riveraines, ces portions de terrain jouent un rôle important contre l’érosion, en plus de former une zone tampon entre le champ et le plan d’eau.

Toutes ces techniques limitent l’impact des activités agricoles sur la santé de l’eau.

 

 

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